L’Université de Fribourg, invitée à s’expliquer sur son contrat avec le théologien suisse

 

Moyen de financement et conditions d’arrivée

 

Un député fribourgeois, questionne au moyen d’une interpellation les conditions d’arrivée et le financement de l’islamologue à l’institution suisse entre 2002 et 2004.

L’affaire très controversée du moment, celle du théologien Tariq Ramadan, a des répercussions qui s’étendent jusqu’à la capitale de Fribourg.
Bien qu’il soit maintenu depuis le 2 février sous écrou (pour une période indéterminée) suite à des accusations pour acte immoral à la prison de Fleury-Mérogis en Essonne, l’islamologue vois resurgir son passé de pédagogue dans les classeurs du parlement cantonal. Le vice-président du parti socialiste du Canton, Mr Xavier Ganioz, y a déposé une interpellation. Elle interroge sur les conditions d’arrivée et le financement du théologien Tariq Ramadan à l’institution de Fribourg, une dizaine d’années en arrière.
Ce dernier a été engagé entre 2002 et 2004 au sein de la faculté des lettres, en tant que chargé de cours dans la spécialité des sciences des religions. Le site d’investigation Mondafrique, rappelle dans un article publié en novembre dernier, que son contrat portait notamment sur une heure par semaine d’enseignement de l’islam.
D’après cette enquête, le présumé aurait profité de cette fonction, pour s’en servir comme carte de visite ‘‘ biaisée ’’ pour se faire passer pour un universitaire lors de ses déplacements à l’étranger, sans pour autant être nommé de manière officielle comme assistant ou professeur.

Un financement pointé du doigt

‘‘ Il est de notoriété publique que l’islamologue genevois a enseigné au sein de l’Université de Fribourg ’’, avance le député. Il s’interroge cependant, si ces affirmations sont réellement fondées ‘‘ comment un tel poste d’enseignement aurait-il pu lui être décerné ?, l’établissement s’est-il fait berner au même titre que les étudiants ? ’’.
Un autre élément évoqué dans cet article, ranime les inquiétudes du député.

Le suisse d’origine égyptienne, aurait bénéficié d’un financement qatari des cours livrés à l’Université d’Oxford. Xavier Ganioz craint qu’il en ait été de même à l’établissement de Fribourg.
Interrogé, le rectorat de l’institution fribourgeoise, confirme par e-mail les révélations citées dans l’article. Il précise que la fonction de monsieur Ramadan, était estimée comme accessoire à celle exercée au Collège de Saussure à Genève. Quant à son financement, il a préféré ne pas aborder la question. ‘‘ Après son départ en 2004, l’Université de Fribourg n’est plus responsable des titres attribués à l’islamologue ’’, ajoute le recteur.


Volonté de transparence

À l’époque, Claire Peiry-Kolly, députée UDC (un parti politique suisse conservateur et nationaliste), avait contesté la légitimité de la place de l’enseignant à l’Université de Fribourg.
À cet effet, le Conseil d’État avait demandé un rapport auprès du rectorat afin d’évaluer les risques de propagande présents dans l’enseignement du théologien.
Avec son interpellation, Ganioz affirme chercher une transparence totale. Mais il souhaite avant tout, éviter d’éventuelles ardeurs islamophobes sur le territoire du Canton.

De leur côté, les autorités concernées, estiment que pour l’heure, il est encore trop tôt pour se prononcer.
Un délai de réponse au rapport ordonné le 26 février dernier, a normalement été fixé à deux mois.